Patrik
Mots de sagesse de la semaine
Ton esprit est fait pour avoir des idées, pas pour les retenir. — David Allen
La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. — Antoine de Saint-Exupéry
Tu savais? Tu peux visiter le musée “Der kleine Prinz und seine Welt” à Soleure pour plus d’inspiration signée Saint-Exupéry.
Journal
Encore une semaine de bons progrès à passer en revue les retours utilisateurs et à fermer des issues. Je suis en train de terminer mon travail et d’écouler les petits nettoyages accumulés que je dois finir à la fin d’un cycle d’implémentation, avant de sortir la release en début de semaine prochaine.
On utilise Linear pour gérer toutes les issues. Pour le travail en cours, je garde une liste locale des tâches du moment. Au début j’utilisais juste papier et crayon, mais ces derniers mois je suis revenu à un fichier pour mes notes, car c’était pénible de réécrire la liste une fois la feuille pleine (certains voient ça comme une feature, ça force à nettoyer la liste).
Je crée en gros des petites tâches d’implémentation, qui peuvent avoir des sous-tâches. J’ajoute généreusement de nouvelles tâches à la liste quand le besoin se présente. C’est pour éviter de perdre le fil quand une idée surgit au milieu d’une autre tâche. Dès que je dois attendre (lancer les tests de régression, construire une instance de test, ou attendre l’IA), j’en profite pour relire la liste et rester concentré.
Avec le temps, j’ai essayé différents systèmes de suivi de TODO. Papier et crayon, OmniFocus, Google Tasks, tableurs. Au final, je reviens toujours à Org-mode. C’était la seule raison pour laquelle j’avais dû apprendre Emacs à l’époque (vim faisait tout ce dont j’avais besoin). Mais maintenant j’utilise juste Org-mode comme un simple fichier texte dans VS Code avec l’extension org-vscode. Pour l’instant je marque les tâches comme fermées à la main, mais c’est bête et je vais recommencer à utiliser la todo list intégrée après avoir fini d’écrire ça (je n’avais pas réalisé que l’extension le supportait).
Le seul souci que j’avais, c’était de rendre mon fichier de notes disponible partout où j’en ai besoin. Je ne veux pas le versionner dans git parce que je saute en permanence d’une branche à l’autre et que c’est vraiment juste une liste de notes de travail. J’ai essayé GDrive mais la synchronisation ne marchait pas correctement là où j’en avais besoin. Puis j’ai découvert syncthing et ça a réglé mon problème: je garde le fichier de notes dans un dossier séparé, mappé dans mon éditeur. Syncthing garde ce dossier à jour entre mes deux machines.
En parlant de machines. Tu penses sûrement que quelqu’un qui vit du développement logiciel a le setup informatique le plus dingue. Mais ça ne serait pas minimaliste, pas vrai? Mon PC de dev est un Intel NUC (NUC 8i5BEH) de 4 ans, avec 16 GB de RAM et 256 GB de SSD sous Ubuntu. Il m’a coûté CHF 360 en 2020. Minimaliste niveau prix et niveau place qu’il prend sur mon bureau (il disparaît simplement sous l’écran). Et le laptop, c’est juste l’ancien laptop de mon fils que je recycle aussi longtemps que possible.
Marc s’est déjà moqué de moi en disant qu’on devrait utiliser nos premiers revenus de la boîte pour me payer un laptop correct…
Comment j’ai utilisé l’IA cette semaine?
Cette semaine, mon utilisation de l’IA n’était pas très impressionnante. Pas d’expérimentation, juste de l’avancement.
J’utilise beaucoup Gemini pour poser des questions techniques, souvent simplement pour avoir un deuxième avis sur ce que je fais. Des questions du genre “quand est-ce que la dernière demande d’AVS est possible? C’est le mois de mes 70 ans ou le mois suivant?”. Les réponses sont en général bonnes et il sait souvent gérer les détails épineux du problème.
Je continue d’utiliser le plan mode dans Cursor, et j’essaie d’être le plus précis possible dans mes demandes pour éviter de passer des jours à refactorer le code ensuite. Pourtant je dois souvent refactorer le code pour enlever le bloat qu’il a créé. La généralisation n’est toujours pas terrible (mais je devrais peut-être juste la demander).
J’ai la forte impression que l’IA comprend certains domaines vraiment bien, comme le code frontend. Mais pour d’autres domaines, elle n’a tout simplement aucune idée et finit par mélanger des concepts qui n’ont rien à voir ou par regrouper le code d’une manière bizarre (du moins pour quelqu’un qui essaie de comprendre ce qui se passe). Voici un exemple récent, voyons si tu repères l’incohérence:
export type WithdrawalPillarKind = 'retire' | 'p2' | 'p2vested' | 'p3a' | 'p3b';
Sinon, j’ai commencé à utiliser Codex au lieu d’Auto pour les tâches de code plus complexes dans Cursor. Jusqu’ici ça se passe bien, le code fonctionne, et pas de gros changements brouillons. On verra s’il tient le coup une semaine de plus.

Marc
Côté produit
Je me suis surtout démené pour survivre à mon planning chargé entre les obligations famille/travail/projet perso. Ce qui veut dire en gros inviter de nouveaux membres de la waitlist, et faire un peu d’exploration JTBD.
Mais ne tombons pas dans le monde des plaignards, et concentrons-nous sur les apprentissages.
Et celui qui me fait beaucoup rire, c’est le retour des membres onboardés de la waitlist qui me disent… “je n’ai pas encore eu le temps d’y jeter un œil… je reviens vers toi bientôt!”
Trop drôle!
Pour l’instant, on garde simplement la place pour cette personne jusqu’à ce qu’elle soit prête.
Ça m’a fait me demander si on ne devrait pas envoyer nos invitations le week-end plutôt que le mercredi.
Au début on les envoyait ce jour-là égoïstement, pour avoir le temps pendant la semaine de gérer les questions. Et pour ne pas commencer à travailler tous les week-ends. On va peut-être changer ça plus tôt que prévu, vu que le flow d’onboarding s’est beaucoup amélioré par rapport à il y a 3-5 mois, quand on avait cette peur initiale.
Ce qui tiraille
Plus de temps (ou pas en fait, change juste de perspective!)
Les vacances d’été approchent vite. Les nôtres (la famille MP) comme les plus longues des enfants, ce qui veut dire que l’organisation a besoin d’adaptation et de flexibilité.
Comme tu l’as lu dans les numéros précédents du journal, j’ai l’impression de courir après un temps qui n’existe pas. Et au lieu de me plaindre ou de subir la situation sans rien faire, j’ai décidé qu’il fallait agir.
Du coup je suis revenu aux sources: GTD (aka Getting Things Done).
Le tout soutenu par un agent IA Claude. Un agent ambitieux, peut-être trop, on verra. Il s’appelle Walter (plus de détails plus bas).
Ah, et j’ai aussi intégré un coach professionnel dans mon système GTD revisité.
Ce qui m’a amené à un retour à la réalité ce matin, qui m’a fait accepter la situation au lieu de la combattre. Puis prendre du recul. Genre une prise de recul “vue d’hélicoptère à 50'000ft”.
En effet, Walter a inversé ma perspective et m’a demandé de noter tout ce que je dois avoir fait (au sens “doit être fait”, pas “ce serait sympa”) avant les vacances, et tout ce qui peut attendre l’après-vacances.
Ça a été difficile, parce que je suis plus du genre à vouloir tout réussir qu’à être quelqu’un de relax. Mais c’était libérateur!
Je dois encore peaufiner le plan-vers-un-été-paisible, mais je suis sur la bonne voie.
Des boucles plus courtes
Comme on n’est que deux chez FI Planner, et que Patrik est le seul développeur du projet, on est assez autonomes dans notre rythme.
Et tu sais comment ça se passe: “OK, concentrons-nous là-dessus. Ah, et tant que j’y suis, laisse-moi corriger ce petit bug. Oh, ça me donne une nouvelle idée! Je l’ajoute vite fait!”
Et 4 semaines plus tard, tu es encore en train d’itérer sur la même branche qui devient un monstre ahah.
On en a discuté avec Patrik ce matin, et on s’est mis d’accord pour essayer de tenir un sprint de 2 semaines, afin de sortir des releases souvent. Ça, pour éviter l’effet tunnel autant du point de vue des retours utilisateurs que pour ne pas avoir trop de releases big bang (avec leur potentiel lot de problèmes).
Note à un ami
Lis “Getting Things Done”.
Si tu l’as déjà lu, mais il y a des années, relis-le aujourd’hui. C’est rafraîchissant. Et en plus, tu as changé depuis la première fois, donc ta perspective sera différente aussi.
Outil de la semaine
Walter!
Comme dit plus haut, je me suis lancé dans la refonte complète de mon gestionnaire de tâches perso, entièrement basé sur l’IA. Et quand je dis complète, je veux dire ENTIÈREMENT. Mon but, c’est qu’il contienne tout: ma boîte mail, mon agenda, mes simples todos, mes projets plus longs, ainsi que tout ce qui touche à la création de contenu (le calendrier éditorial par exemple), et bien, bien plus encore.
Je vais peut-être construire un “produit” MP autour. Ou pas. Chaque chose en son temps: il faut d’abord que ça marche et que ce soit utile pour moi.
Mais rien qu’en faisant une pause mercredi dernier pour prendre du recul, et en recevant des conseils de coaching (ah oui, parce que Walter sait faire ça aussi dans mon workflow!), j’ai réussi à me remettre sur les rails (dans ma tête, hein, c’est toujours là que se situe le problème :-D).
Reprenons le contrôle de nos vies, et vivons une vie paisible. Comme ça devrait être dans une… Calm Company!
