The FIP Journal #13: se payer comme fondateur & la Calm Company

Marc & Patrik
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À partir d’aujourd’hui, on met le FIP Journal en pause pendant quelques semaines pour profiter des vacances. On revient vers la rentrée. Bel été!

Patrik

Mots de sagesse de la semaine

Le prix de toute chose, c’est la quantité de vie que tu échanges contre elle. — Henry David Thoreau

Si l’IA n’arrive pas à le résoudre, c’est sûrement que ce n’est pas possible… ou que tu tiens le mauvais manuel.

Journal

Cette semaine, j’ai envie de réfléchir à quelque chose de différent: mes pensées sur le fait d’avoir une entreprise.

J’ai passé 20 ans dans une entreprise qui est devenue une grande multinationale à succès. Ça voulait dire deux choses: d’un côté, tout ce qu’on faisait avait un énorme effet de levier grâce aux produits déjà établis de l’entreprise, mais tout est aussi devenu beaucoup plus bureaucratique et lent. Et la bureaucratie ne remplaçait pas le travail réel, elle s’ajoutait par-dessus. C’était excitant et c’était épuisant. Une grande partie, c’était de l’exécution dictée par des besoins externes.

À un moment donné, c’était évident que je voulais ralentir et reprendre le contrôle de ma vie. Créer une entreprise était une bonne occasion, surtout que l’accord avec Marc était d’en faire une calm company, loin du stéréotype de la Silicon Valley avec les geeks qui vivent dans un garage, bossent 120 heures par semaine et ne mangent que de la pizza froide. C’est possible de créer une nouvelle entreprise et de garder une charge de travail gérable. Bien sûr, il y a des pics, mais ce n’est pas tout le temps.

En tant que fondateur, je me suis retrouvé face à quelques questions pratiques d’emploi. Je n’ai pas encore trouvé de réponse à toutes. Est-ce que je m’engage comme employé ou pas? Quelle est la solution la plus efficace? Malheureusement, la réponse c’est ‘ça dépend’ de plein d’autres facteurs. Voici mes réflexions du point de vue du FIRE. Note que ce ne sont pas des conseils financiers.

Il y a plusieurs options.

  • Posséder l’entreprise et gagner l’argent en la revendant, façon IPO à la SpaceX. Ça marche sûrement pour une startup tape-à-l’œil, mais FI Planner, ce n’est pas vraiment ça.

  • Posséder l’entreprise et sortir un revenu via les dividendes. C’est une voie intéressante, aussi parce que les propriétaires d’entreprise sont imposés à un taux plus bas en Suisse. Ça va très bien pour une grande entreprise. Mais avec une petite société de 2 personnes, ça peut faire tiquer l’AVS. D’abord, je devrais de toute façon payer mes cotisations AVS en tant que personne sans activité lucrative. Et ensuite, j’ai entendu parler de cas où l’AVS a poursuivi des gens parce que c’était perçu comme une manière d’éviter de payer les cotisations sur le revenu.

  • Posséder l’entreprise et s’engager soi-même. Ça veut dire être employé. Mais il y a plein de façons de le faire.

    • Le statut de mandataire externe pourrait être une option, mais comme indépendant, tu dois être reconnu par l’AVS, et elle exige au moins 3 clients différents.
    • Le statut d’employé a quelques avantages en plus. Les cotisations AVS sont couvertes (en supposant que le salaire reste “dans une fourchette raisonnable”). Il y a quelques seuils à garder en tête:
      • environ CHF 7'000 / an: c’est le minimum pour avoir droit aux allocations familiales.
      • CHF 22'600 / an: l’affiliation au 2e pilier devient obligatoire

En résumé: quelle option est la meilleure dépend de ta fortune (qui détermine le montant des cotisations AVS de personne sans activité lucrative), et du montant sur ton compte de libre passage du 2e pilier (est-ce que tu gagnes plus d’argent en l’investissant).

Être employé permet aussi de faire couvrir certaines dépenses par l’entreprise, en premier lieu l’assurance accidents. Mais aussi le matériel de bureau et l’équipement comme un ordinateur portable.

Au bout du compte, c’est une optimisation avec plein de potentiel si c’est bien fait.

Comment j’ai utilisé l’IA cette semaine?

J’ai eu une connexion internet catastrophique pendant la plus grande partie de la semaine, donc mon utilisation a été très très limitée. C’est un bon rappel qu’on prend internet pour acquis, mais qu’il n’est pas toujours là. Et quand il n’est pas là, il n’y a pas d’IA non plus.

J’ai passé un moment à essayer de déboguer un problème, mais je n’ai pas réussi à trouver de solution. Je viens d’installer un déshumidificateur Bora 408H dans la cave. Le H, c’est pour ‘heating’ (chauffage). J’ai été un peu surpris que le chauffage tourne en mode auto, transformant ma cave en sauna à 26°C. J’ai demandé de l’aide à Gemini pour régler ça. Après 90 minutes, je bricolais la configuration du pare-feu de mon routeur, pour essayer de me connecter au déshumidificateur depuis mon natel.

Au final, j’ai laissé tomber et j’ai collé un post-it sur le déshumidificateur: “toujours éteindre le chauffage”.

À une époque, on disait que si Google ne le trouvait pas, ça n’existait pas. La version mise à jour, c’est: si l’IA n’arrive pas à le résoudre, c’est sûrement que ce n’est pas possible.


Marc

Côté produit

La semaine dernière était une semaine purement “en coulisses”, vu que je me suis concentré sur la centralisation de tous les retours utilisateurs qu’on a reçus jusqu’à présent.

Jusqu’ici, on les stockait dans Notion. Je sais que je pourrais utiliser Notion AI pour en tirer le meilleur, mais ça voudrait dire encore un abonnement IA à payer, alors que j’ai déjà Claude et Cursor.

À la place, j’ai migré tout ce qui était dans Notion (et aussi d’autres trucs stockés dans Gmail) vers un nouveau dépôt GitHub dédié à tout ce qui touche au produit. Au début, il ne contiendra que les retours utilisateurs et des verbatims. On verra si et quand on étend son usage. Mais ça aidera clairement d’utiliser un LLM pour faire remonter les points de friction les plus critiques à corriger.

Parce que collecter, c’est une chose, mais agir sur ces retours, c’est ce qui fait vraiment bouger les choses.

Pour les plus grands geeks du produit, j’ai pensé à m’abonner à Canny, mais j’ai résisté jusqu’ici. On verra si ça devient nécessaire à un stade ultérieur, une fois qu’on aura assez grandi pour ça.

Note pour moi-même: ça me fait penser qu’on pourrait arrêter notre abonnement Senja pendant quelques mois, et utiliser le même dépôt GitHub pour stocker nos témoignages. Une étape à la fois ;-)

L'IA nous a rendus pauvres
Ça te parle? :D

Ce qui tiraille

Ce qui est inconfortable, c’est d’accepter (je me le dis à moi-même, vu que Patrik est déjà d’accord) notre principe de Calm Company. Cool de le revendiquer, dur de le vivre.

Pourquoi? Parce que je sais ce qu’il faut faire pour la prochaine étape de notre feuille de route (le sujet des prix abordé la semaine dernière), mais je dois me faire violence pour ne pas lancer ce nouveau sujet avant de partir en vacances (d’autant plus que Patrik ne sera pas là par moments non plus).

Je dois trouver un mot pour la pratique qui consiste à construire sa patience, une répétition à la fois!

Note à un ami

La motivation vient avec l’action. Jamais l’inverse.

Cette semaine a été dure pour diverses raisons, et plusieurs matins d’affilée, à 5h30, je n’étais pas motivé.

Et pourtant, je me suis levé, je me suis mis au clavier, et j’ai simplement commencé à écrire. Et le flow est venu. Suivi par la motivation.

Pareil avec le sport et tout dans la vie.

La motivation vient avec l’action. Alors commence à agir, et motivé tu deviendras. Comme par magie.

Outil de la semaine

Le Socratic Prompting. Ou du moins c’est comme ça que je l’ai vu appelé, mais il y a peut-être d’autres noms.

L’idée: les LLM sont des pros pour combler les vides dans tes questions.

Imagine que tu as un client qui se plaint d’un aspect de ton produit, de façon très brutale, c’est le moins qu’on puisse dire.

Alors, au lieu de lancer un agent avec: “comment je devrais répondre à cet e-mail?”

Tu procèdes en deux étapes:

  1. Quelles sont les bonnes pratiques pour répondre à la plainte d’un client sur un produit, de la manière la plus constructive et polie possible?
  2. Une fois que tu as la réponse, tu dis simplement au LLM: “applique ça à cet e-mail précis avec tout son contexte”

La qualité de ta réponse finale s’améliorera pas mal.

La meilleure preuve, c’est de lancer les deux prompts côte à côte, et de comparer les résultats.

Un conseil bien utile!

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